Alerte :
Pour en savoir plus sur l’incident de cybersécurité, veuillez visiter la page l’incident de cybersécurité.
Le présent avis fournit des orientations aux courtiers membres (les courtiers) au sujet des attentes de l’OCRCVM concernant la mise en œuvre d’un programme de prêt de titres entièrement payés (un programme de PTEP).
L’OCRCVM a publié la version initiale du présent avis en 20191, alors qu’il prévoyait l’édiction de règles sur les programmes de PTEP avant la fin de 2022. L’OCRCVM a surveillé l’évolution de ces programmes et a déterminé qu’il avait besoin de données complémentaires pour édicter des règles appropriées. À l’heure actuelle, cinq courtiers se sont vu accorder l’autorisation de mettre en œuvre des programmes de PTEP. Pour la plupart de ces courtiers, le programme est en cours d’élaboration ou à ses débuts; le nombre de clients inscrits au programme est minime.
L’OCRCVM continuera de surveiller le fonctionnement et l’évolution des programmes de PTEP. Nous prévoyons l’édiction de règles sur les programmes de PTEP en 2024 avant l’échéance des dispenses accordées aux courtiers qui disposent d’un tel programme. Dans l’intervalle, l’OCRCVM publie à nouveau sa note d’orientation indiquant ses attentes relatives à la mise en œuvre d’un programme de PTEP.
Les courtiers qui opèrent eux-mêmes compensation à l’égard de leurs activités ont généralement des pupitres de prêt de titres qui, entre autres, gagnent des revenus en prêtant des titres (qu’ils possèdent et détiennent sur marge pour leurs clients) à des institutions telles que des fonds spéculatifs, des institutions financières et d’autres courtiers (les tiers emprunteurs) :
Les programmes de PTEP permettent aux courtiers d’emprunter les titres entièrement payés qu’ils détiennent au nom de leurs clients et fonctionnent généralement comme suit :
Dans un programme de PTEP, le courtier emprunte auprès de ses clients à titre de contrepartiste (autrement dit, le courtier négocie directement avec le client en tant qu’emprunteur puis avec le tiers emprunteur en tant que prêteur, dans le cadre de deux opérations distinctes). Le client et le tiers emprunteur sont inconnus l’un de l’autre et ils n’ont aucun droit ni aucune responsabilité l’un envers l’autre du point de vue juridique relativement à l’opération de prêt.
Les prêts de titres entièrement payés génèrent des revenus pour les clients. Les tiers emprunteurs paient au prêteur des frais calculés d’après l’offre et la demande des titres sur le marché de prêt (les frais d’emprunt). En particulier, les titres dont l’offre est limitée, mais dont la demande est forte sont considérés comme « difficiles à emprunter » et ils comportent des frais d’emprunt accrus. Le courtier partage les frais d’emprunt avec le client.
Les programmes de PTEP aideront aussi les courtiers à s’acquitter de leurs obligations de livraison dans le cadre des opérations en améliorant leur accès à l’offre de titres, ce qui accroîtra l’efficacité du règlement.
Pour l’application du présent avis, les programmes de PTEP ne comprennent pas les accords en vertu desquels le courtier agit en qualité de dépositaire des titres d’un client institutionnel1 et d’agent de prêt entre le client institutionnel et les tiers emprunteurs. Le tiers emprunteur et le client institutionnel sont connus l’un de l’autre et sont chacun responsable du risque de crédit lié à la contrepartie. Le courtier, en tant qu’agent de prêt, agit en qualité d’administrateur de l’opération de prêt de titres et, dans la plupart des cas, de dépositaire de la garantie. Ces accords sont considérés comme faisant partie des accords de prêt de titres classiques qui sont couverts par la Règle 4600, Financement – Opérations de prêt d’espèces et de titres, mises en pension et prises en pension2.
Le courtier détient des titres entièrement payés en dépôt fiduciaire pour ses propres clients, les clients d’autres courtiers (remisiers) ou les clients de gestionnaires de portefeuille. Si un client souhaite participer au programme de PTEP, il doit signer une convention de prêt de titres avec le courtier et attester qu’il comprend et accepte les risques liés au prêt de ses titres entièrement payés.
Une fois le client inscrit au programme de PTEP, le courtier peut lui emprunter des titres en tout temps. Lorsque le courtier emprunte des titres entièrement payés du compte de négociation de titres du client, il envoie une confirmation à celui-ci et constitue une garantie pour ces titres. Le client continue de voir les titres prêtés dans son compte, mais les positions ne sont pas indiquées comme étant en dépôt fiduciaire et ne peuvent être utilisées dans le cadre d’une stratégie de couverture.
Le prêt accordé peut être un prêt d’une durée déterminée (prêt à terme), un prêt à un jour ou, cas le plus fréquent, un prêt d’une durée indéterminée – autrement dit, qui peut être résilié en tout temps soit par le client, soit par le courtier. Chaque jour que les titres sont en prêt, le courtier évalue la garantie à la valeur de marché pour le client. La garantie est exclue du calcul de la valeur de prêt dans le compte du client.
Le courtier verse dans le compte de titres du client :
Le client ou le courtier peut résilier un prêt en tout temps. Le client peut vouloir résilier un prêt pour diverses raisons, dont les suivantes :
Le client peut vendre ses titres en prêt en tout temps en passant un ordre de vente suivant le processus normal établi par le courtier. Si le client veut résilier le prêt pour toute autre raison, il doit communiquer avec le courtier. Le courtier peut limiter la participation et l’admissibilité du client au programme de PTEP si le client résilie fréquemment des opérations de prêt de titres entièrement payés.
Lorsqu’un prêt est résilié, le courtier s’efforce de rappeler, d’emprunter ou de racheter les titres dans les délais prescrits.
Le prêt de titres est une activité actuellement dominée par les institutions. Le programme de PTEP étendra cette activité aux investisseurs de détail, qui sont habituellement moins avertis et qui ne possèdent pas autant de connaissances en placement ou d’outils que les prêteurs institutionnels. De plus, les prêteurs de titres courent certains risques que le client de détail moyen peut ne pas comprendre entièrement. Certains de ces risques sont expliqués plus en détail ci‑après.
Les titres prêtés sont souvent recherchés par les tiers emprunteurs, qui s’en servent pour effectuer des ventes à découvert. Les ventes à découvert sont susceptibles d’exercer une pression à la baisse sur la valeur à long terme de la position acheteur du client sur les titres. La probabilité d’incidence baissière sur le marché augmente lorsque les titres sont détenus par un petit nombre d’actionnaires et ne sont pas activement négociés.
Dans les opérations de prêt de titres, le prêteur demeure le propriétaire véritable, mais les droits sur les titres et la propriété de ces derniers sont transférés à l’emprunteur. Les droits de vote rattachés aux titres entièrement payés du client qui sont en prêt sont transférés au courtier et, si celui-ci prête les titres à des tiers emprunteurs, à l’emprunteur final. Si le client souhaite exercer les droits de vote rattachés aux titres, il doit en demander le rappel (autrement dit, résilier le prêt). Il existe alors un risque :
Le client peut subir des répercussions fiscales associées :
Étant donné que le client demeure le propriétaire véritable des titres entièrement payés qui sont en prêt et qu’il a droit aux avantages économiques liés à ces titres, le courtier verse au client un « paiement de remplacement » qui équivaut à l’ensemble des dividendes et distributions rattachés aux titres. Le client pourrait subir des répercussions fiscales imprévues et indésirables du fait que le traitement fiscal du paiement de remplacement pourrait différer de celui qui s’applique aux dividendes et distributions normalement reçus de l’émetteur des titres.
Le client peut exercer son droit à la garantie en espèces dans certaines conditions comme en cas d’insolvabilité du courtier ou si le courtier ne peut rappeler les titres prêtés dans les délais prescrits. Si le client exerce ce droit, cela pourrait être considéré comme une cession réputée des titres prêtés et entraîner des répercussions fiscales.
En cas de résiliation de l’opération de prêt de titres, le client pourrait ne pas récupérer ses titres auprès du courtier si la quantité que celui-ci peut rappeler, emprunter ou racheter est limitée. Cela aura une incidence sur le client dans les cas suivants :
Ce risque n’a pas d’incidence sur le client si celui-ci vend les titres entièrement payés qui sont en prêt.
Dans une opération de prêt de titres, l’emprunteur fournit au prêteur une garantie équivalente à la valeur de marché des titres empruntés. Le prêteur exige généralement une garantie excédentaire afin de se protéger contre les risques de crédit associés à un défaut de la part de l’emprunteur.
Les courtiers qui participent à des programmes de PTEP de grande ampleur peuvent courir un risque accru lié à l’effet de levier s’ils réinvestissent ou réhypothèquent les liquidités supplémentaires.
Dans les programmes de PTEP, le risque de crédit pour le client découle de l’insolvabilité du courtier. Si le courtier devient insolvable, le client ne pourra peut-être pas récupérer les titres prêtés, et son droit de recours à la garantie pourrait être limité pour les raisons suivantes :
Le programme de PTEP est susceptible de créer des conflits d’intérêts liés à la rémunération. Par exemple :
Le risque de manipulation du marché peut augmenter lorsque les types de titres proposés dans le cadre du programme de PTEP ne sont pas activement négociés ou sont détenus par un petit nombre d’actionnaires. Ces titres pourraient être particulièrement vulnérables aux situations telles que le « short and distort » (vendre à découvert et fausser le marché)4 et la liquidation forcée des positions à découvert5. De la même façon, une augmentation des ventes à découvert de ces titres peut les rendre difficiles à emprunter, ce qui allongera le délai nécessaire pour les récupérer en cas de résiliation du prêt et posera davantage de problèmes du point de vue des règlements.
Avant de mettre en œuvre des programmes de PTEP dans leur société, les courtiers doivent aviser l’OCRCVM qu’un changement a été apporté à leur modèle d’affaires. Afin de répondre aux préoccupations susmentionnées concernant la protection des investisseurs et l’intégrité du marché, l’OCRCVM a fixé des conditions qui, concrètement :
En 2019, le conseil d’administration de l’OCRCVM a autorisé cinq courtiers à lancer un programme de PTEP et, sous réserve de certaines conditions, a accordé des dispenses des dispositions suivantes des Règles des courtiers membres :
Les dispenses continuent de s’appliquer à l’égard des dispositions correspondantes des Règles de l’OCRCVM (alinéa 4603(3)(ii)) qui sont entrées en vigueur le 31 décembre 2021. Si aucune nouvelle règle portant sur les prêts de titres entièrement payés n’entre en vigueur avant 2024, les dispenses existantes seront caduques en 2024.
Le courtier doit enregistrer les opérations de prêt de titres entièrement payés du client et la garantie en espèces dans le compte de négociation de titres ou dans un ou plusieurs sous-compte(s) de celui-ci (le compte intégré de PTEP)6.
Le courtier doit veiller à ce que le programme de PTEP se limite aux titres de capitaux propres :
En ce qui concerne les titres de capitaux propres inscrits à une bourse au Canada, le courtier doit également s’assurer que le programme de PTEP comprend uniquement des titres qui satisfont à au moins un des critères suivants8 :
Le courtier doit tenir une liste des titres admissibles au programme de PTEP en fonction des critères susmentionnés. Au moins une fois par mois, il doit vérifier les opérations effectuées dans le cadre du programme au regard de ces critères et résilier dès que possible les prêts qui ne respectent pas les critères.
Le courtier ne peut emprunter des titres entièrement payés à ses clients dans le cadre du programme de PTEP pour régler ou couvrir les stratégies de négociation suivies pour son propre portefeuille, à moins qu’il ne puisse prouver, de façon jugée satisfaisante par l’OCRCVM, qu’il peut gérer efficacement les conflits d’intérêts.
Le courtier doit fournir une garantie en espèces au client qui participe au programme de PTEP et la conserver dans un compte bancaire distinct détenu en fiducie pour les clients9. La garantie ne peut être retirée par le client ou servir à régler l’achat de titres dans le compte. Chaque jour, le courtier doit évaluer les titres prêtés à la valeur de marché, ce qui peut modifier le montant de la garantie.
Le courtier doit aussi fournir aux clients une garantie en espèces d’un montant en dollars égal à celui que lui a rapporté le prêt de titres aux tiers emprunteurs, lequel ne peut être inférieur à 100 % de la valeur des titres.
Le montant total de la garantie en espèces à constituer et calculer quotidiennement correspond à la somme des éléments suivants :
Le courtier doit obtenir des instructions du client relativement :
Avant d’emprunter des titres entièrement payés aux clients de remisiers, le courtier doit s’assurer que chaque remisier a reçu une lettre de non-objection de l’OCRCVM.
Avant d’emprunter des titres entièrement payés aux clients de gestionnaires de portefeuille, le courtier doit également s’assurer que chaque gestionnaire de portefeuille a avisé les autorités canadiennes en valeurs mobilières compétentes.
Le courtier doit conclure une convention de prêt de titres directement avec le client. Les clients d’un remisier ou d’un gestionnaire de portefeuille doivent conclure avec le courtier une convention tripartite de prêt de titres aux termes de laquelle :
La convention de prêt de titres doit être conclue selon une forme jugée acceptable par l’OCRCVM et préciser clairement :
Le courtier doit fournir au client une description précise du programme de PTEP, notamment du type de comptes ou de sous-comptes à ouvrir et de l’objet de l’emprunt des titres entièrement payés.
Le courtier doit également fournir au client un document d’information sur les risques. Ce document, dont le client devra accuser réception, doit être rédigé en langage simple11 et expliquer tous les risques courus, notamment les suivants :
Le courtier doit fournir au client une confirmation contenant tous les renseignements requis au sujet de l’opération de prêt de titres lorsque :
Le courtier doit transmettre au client un relevé mensuel du compte intégré de prêt de titres entièrement payés :
Le courtier doit inclure les opérations de prêt de titres entièrement payés dans le rapport sur le rendement et dans le rapport sur les honoraires et frais transmis aux clients de détail relativement au compte intégré de prêt de titres entièrement payés, comme il est indiqué ci‑après.
Le courtier est tenu d’établir des politiques et des procédures qui traitent du programme de PTEP afin de garantir le respect des exigences de l’OCRCVM et des lois applicables. Ces politiques et procédures doivent porter notamment sur les points suivants :
Le courtier devra veiller à présenter l’information exacte sur les soldes des prêts de titres entièrement payés dans le Rapport financier mensuel (RFM) et dans le Formulaire 1, ainsi qu’à déterminer les exigences de détention en dépôt fiduciaire, les seuils de concentration et la marge obligatoire, comme suit :
Le courtier doit obtenir un rapport d’audit annuel à usage particulier pour attester que les politiques et procédures, les systèmes et les contrôles de surveillance mis en œuvre dans le cadre du programme de PTEP sont conformes à ce qui suit :
Tout courtier souhaitant mettre en œuvre un programme de PTEP doit aviser formellement l’OCRCVM qu’un changement a été apporté à son modèle d’affaires; de plus, il doit demander à l’OCRCVM de faciliter la mise en œuvre du programme de PTEP et de lui accorder les dispenses appropriées à l’égard de l’alinéa 4603(3)(ii) des Règles de l’OCRCVM et des exigences en matière de capital énoncées dans les Notes et directives du Tableau 1 du Formulaire 1. Le conseil d’administration de l’OCRCVM étudiera le programme de PTEP proposé par le courtier pourvu qu’il respecte les conditions indiquées à la section 3.
L’OCRCVM continuera de surveiller le fonctionnement et l’évolution des programmes de PTEP. Il disposera ainsi de renseignements utiles pour élaborer des règles relatives à ces programmes. Nous prévoyons l’édiction de règles sur les programmes de PTEP au sein des Règles de l’OCRCVM en 2024, avant l’échéance des dispenses accordées aux courtiers en 2019.
La présente note d’orientation se rapporte aux dispositions suivantes des Règles de l’OCRCVM :
La présente note d’orientation remplace l’Avis 19-0109 – Prêt de titres entièrement payés.
Bienvenue sur le site OCRI.ca!