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Le nombre de Canadiens âgés de plus de 65 ans est en hausse et l’espérance de vie moyenne des Canadiens continue d’augmenter1. Étant donné le vieillissement de leur clientèle, les courtiers membres et leurs employés, représentants et mandataires (collectivement, les représentants) doivent être au fait des problèmes qui découlent de cette tendance démographique et bien se préparer à les affronter.
Le présent avis fournit des orientations sur la meilleure façon de relever les défis particuliers qui peuvent se poser lorsqu’on traite avec des clients qui ont pris ou qui sont sur le point de prendre leur retraite (les clients âgés). L’OCRCVM reconnaît que les clients âgés ne forment pas un groupe homogène et que les problèmes qui touchent certains de ces clients ne les concernent pas nécessairement tous. Nous jugeons néanmoins utile de préciser certaines questions qui, sur les plans de la conformité et de la surveillance, sont peut-être uniques ou fréquemment associées à la prestation de services de placement aux clients âgés.
Ces orientations s’inspirent de plusieurs ressources existantes de l’OCRCVM, notamment de ses règles et notes d’orientation, ainsi que de pratiques exemplaires du secteur qui peuvent être particulièrement pertinentes pour les courtiers membres qui traitent avec des clients âgés. En outre, d’autres organismes de réglementation, organismes gouvernementaux et organismes sans but lucratif mettent à la disposition des courtiers membres et de leurs représentants plusieurs ressources utiles, qu’ils retrouveront dans une section spécialisée du site Internet de l’OCRCVM2. L’OCRCVM a également publié une série de bulletins qui peuvent aider les courtiers membres et leurs représentants à traiter avec les investisseurs, en particulier les clients âgés3.
En mars 2014, l’Association canadienne du commerce des valeurs mobilières (ACCVM) a publié un rapport (le rapport de l’ACCVM)4 qui décrivait en détail les pratiques exemplaires suivies par les professionnels pour résoudre plusieurs questions touchant les clients âgés, dont les suivantes :
Même si l’OCRCVM appuie généralement les pratiques exemplaires exposées dans le rapport de l’ACCVM, nous donnons ci-dessous des orientations d’ordre réglementaire sur certaines de ces questions.
Les participants du secteur ont exprimé des préoccupations concernant la validité des procurations utilisées par les clients âgés et les documents à l'appui de celles-ci. Même si chaque client et chaque situation sont uniques, nous recommandons aux courtiers membres d'adopter des politiques et procédures précises concernant les procurations pour tous leurs clients, y compris les clients âgés. Les courtiers membres pourraient notamment mettre en place des politiques et procédures qui obligent leurs représentants, entre autres :
De plus, les courtiers membres doivent rester à l'affût des signaux d'alarme pouvant se produire durant la rédaction ou la modification d'une procuration, par exemple l'absence apparente de lien entre le client et la personne à laquelle il donne la procuration.
Communiquer efficacement avec les clients âgés devrait être une priorité pour les courtiers membres. Voici quelques exemples de pratiques qui pourraient les aider à améliorer cette communication :
Nous encourageons les courtiers membres à s'inspirer des autres pratiques suggérées dans le rapport de l'ACCVM pour élaborer et améliorer leurs politiques et procédures :
Comme toujours, le courtier membre doit veiller à ce que ses politiques et procédures soient adaptées à son modèle d'affaires et à sa clientèle. De plus, nous attendons des courtiers membres qu'ils fassent des efforts raisonnables pour se tenir au fait de l'évolution des normes du secteur qui touchent les clients âgés, et qu'ils mettent à jour leurs politiques et procédures au besoin.
Les courtiers membres doivent garder à l'esprit certaines exigences de base en matière de protection des investisseurs lorsqu'ils traitent avec des clients âgés. Les règles de l’OCRCVM8 et les notes d’orientation connexes précisent certaines de ces exigences, dont les exigences suivantes en matière de contrôle diligent des produits, de connaissance du produit et de connaissance du client :
Ces exigences s'appliquent à tous les courtiers membres qui traitent avec n'importe quel type de client. Leur application différera toutefois selon le modèle d'affaires propre au courtier membre et la clientèle qu'il sert. Par exemple, le degré de contrôle diligent auquel le courtier membre soumet un nouveau produit destiné uniquement aux clients institutionnels peut différer du degré de contrôle diligent exigé pour des clients de détail disposant de services de plein exercice.
Les courtiers membres et leurs représentants doivent garder à l'esprit les circonstances et les préoccupations propres aux clients âgés et communément rencontrées chez ces derniers. Ils pourront ainsi mieux déterminer comment les exigences de base en matière de protection des investisseurs décrites ci-dessus doivent être appliquées aux clients âgés.
Nous rappelons aux courtiers membres que « le respect des obligations liées à la convenance est fondamental pour le respect des normes générales de conduite des affaires et essentiel à une saine pratique commerciale11. Même si tous les clients de détail doivent être traités individuellement en fonction de leurs besoins et de leur situation propres, certains enjeux et caractéristiques sont plus souvent observés chez les clients âgés.
Un des renseignements sur le client qu'il faut prendre en considération pour évaluer la convenance est l'horizon de placement, soit la période sur laquelle le client souhaite atteindre son ou ses objectifs de placement. Même si l'on présume que l'horizon de placement d'un client âgé correspond à la durée de sa retraite, les clients âgés peuvent avoir différents horizons de placement pour leurs comptes (par exemple lorsqu'ils souhaitent laisser un héritage à un membre de leur famille). Les courtiers membres doivent s'assurer que les raisons qui justifient l'horizon de placement utilisé pour chaque compte sont correctement documentées.
Les courtiers membres et leurs représentants peuvent rencontrer des clients âgés dont les objectifs de placement, tels qu’énoncés, sont incompatibles. En pareil cas, il incombe au courtier membre de repérer les conflits entre les objectifs de placement du client et d'aider celui-ci à déterminer lequel de ces objectifs est le plus important pour lui, tout en l'informant des risques liés au fait d'accorder davantage d'importance à l'atteinte d'un ou plusieurs des objectifs énoncés au détriment des autres.
Par exemple, les clients âgés privilégient souvent le revenu et la préservation du capital par rapport à la croissance du capital. En effet, ils sont plus susceptibles de compter sur le revenu provenant de leurs placements, et du produit de la vente de leurs placements, pour compléter ou remplacer le revenu qu'ils touchaient durant leurs années de carrière. Dans certains cas, les clients âgés pourraient être tentés de prendre davantage de risques dans l'espoir de toucher un revenu de placement plus élevé. Les courtiers membres doivent rester vigilants face à ce risque.
Pour déterminer si les objectifs de revenu et de préservation du capital peuvent tous deux être atteints, en particulier dans un contexte de faibles taux d'intérêt, le courtier membre doit évaluer les renseignements suivants sur le client et sur les placements qu'il détient dans son compte :
Le représentant du courtier membre doit communiquer les résultats de cette évaluation au client de façon exhaustive et en temps opportun. Lorsqu'il n'est pas raisonnable de s'attendre à ce que les deux objectifs puissent être atteints en même temps, le courtier membre doit s'assurer que le client sait que les objectifs sont incompatibles et pourquoi. En pareil cas, le courtier membre doit demander au client d'indiquer clairement lequel des objectifs énoncés a priorité sur l'autre.
Chaque client a une situation unique, et un portefeuille axé sur la préservation du capital n'est pas toujours ce qui convient le mieux à un client âgé si celui-ci ne peut en tirer un revenu de placement suffisant pour couvrir ses frais de subsistance – tout comme un portefeuille axé sur le revenu n'est pas toujours ce qui convient le mieux à un client âgé si celui-ci n'est pas prêt à accepter un risque de perte accru.
Pour s'assurer qu'un client prend des décisions de placement éclairées et appropriées qui lui permettront d'atteindre les objectifs de placement qu'il considère prioritaires, le courtier membre doit :
Nous attendons des courtiers membres qu'ils disposent de processus d'examen de surveillance efficaces et rigoureux pour s'assurer que les clients âgés effectuent des placements qui leur conviennent. À cet égard, les courtiers membres voudront peut-être soumettre les comptes de clients âgés à des contrôles ciblés.
En vertu des exigences concernant l'évaluation plus rigoureuse de la convenance adoptées dans le cadre du Modèle de relation client-conseiller (MRCC), les courtiers membres doivent maintenant tenir compte d'une série élargie de renseignements sur le client, ainsi que de certains renseignements sur les placements dans ses comptes, pour déterminer si ces placements lui conviennent. Ils doivent maintenant procéder à une évaluation plus fréquente de la convenance, notamment lorsque certains événements importants touchant les comptes – autres qu'une opération proposée – ont lieu. Ils doivent également tenir compte de certains renseignements sur les placements dans les comptes, à savoir la composition courante du portefeuille et le niveau de risque des comptes du client qui font l'objet de l'évaluation de la convenance.
Les clients âgés se fient souvent à des tiers pour obtenir des conseils en placement ou demandent à des tiers de prendre des décisions de placement en leur nom. Malheureusement, cela peut les rendre vulnérables à l'exploitation financière (par exemple lorsqu'un tiers détourne ou utilise de façon illicite les actifs ou les fonds d'un client âgé par la tromperie, l'intimidation ou l'exercice d'une influence indue). Les participants du secteur ont également exprimé des préoccupations au sujet des difficultés qu’ils éprouvent à repérer les clients âgés susceptibles de souffrir d’une diminution des facultés.
Les courtiers membres et leurs représentants jouent un rôle important pour ce qui est de réduire la probabilité que les clients soient victimes d’exploitation financière et de repérer les signes de diminution des facultés chez leurs clients. Les courtiers membres doivent adopter, maintenir et suivre des politiques et des procédures conçues pour détecter et résoudre les cas d'exploitation financière et de diminution des facultés. Nous recommandons que ces politiques et procédures :
Lorsqu'ils adoptent des politiques et procédures concernant les « personnes-ressources de confiance », les courtiers membres doivent exiger que celles-ci soient des personnes qui ne participent pas aux décisions financières relatives au compte.
De plus, les politiques et procédures des courtiers membres doivent traiter des situations dans lesquelles il convient de communiquer avec la « personne-ressource de confiance », par exemple a) lorsqu'un représentant soupçonne une situation d'exploitation financière ou b) lorsqu'un client envisage de déléguer les pouvoirs relatifs à son compte à un tiers sans raison apparente. Il est important que le courtier membre soit raisonnablement convaincu que la « personne-ressource de confiance » n'a pas participé à l'exploitation soupçonnée ou au projet de réduire le rôle du client dans les décisions de placement.
Enfin, les politiques et procédures des courtiers membres portant sur ce sujet doivent aussi traiter des situations qui laissent supposer que le représentant d'un courtier membre est impliqué dans l'exploitation financière soupçonnée ou dans lesquelles un client particulier envisage de confier au représentant un rôle nettement plus important dans la prise des décisions de placement. Dans de tels cas, une personne indépendante chez le courtier membre doit communiquer avec la « personne-ressource de confiance ».
Les courtiers membres doivent établir des processus internes adaptés à leurs activités pour la transmission aux échelons supérieurs des questions délicates touchant les clients âgés. Ces processus exigeront, entre autres, que les représentants communiquent avec le surveillant, l'agent de la conformité ou l'avocat de leur société pour obtenir des conseils sur la façon de résoudre les questions délicates touchant l'exploitation financière ainsi que d'autres questions, comme les procurations et la diminution des facultés.
L'OCRCVM a publié diverses règles et notes d'orientation qui, bien qu'elles s'appliquent à tous les types d'investisseurs, sont particulièrement pertinentes pour les courtiers membres qui traitent avec les clients âgés. Les courtiers membres sont notamment invités à consulter les avis ci-dessous lorsqu'ils effectuent des opérations avec les clients âgés :
L'OCRCVM reconnaît que les clients âgés ne forment pas un groupe homogène. La situation financière, l'horizon de placement, la tolérance à l'égard du risque et le degré de littératie financière peuvent varier considérablement d'un client à l'autre. Cependant, la prestation de services de placement aux clients âgés soulève généralement un certain nombre de questions. Le présent avis précise un grand nombre de ces questions et fournit des orientations sur la meilleure façon de relever les défis particuliers qui peuvent se poser lorsqu’on traite avec des clients âgés, mais ne se veut nullement exhaustif. Les courtiers membres doivent veiller à ce que leur façon de traiter avec les clients âgés, y compris le contenu et la nature de leurs politiques et procédures, est adéquate et suffisante, compte tenu de leur modèle d'affaires particulier et des caractéristiques propres aux clients âgés qu'ils servent.
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